Certains jours comme aujourd’hui, la partie la plus intéressante de mon travail peut en devenir la partie la plus désagréable. Quand j’ai commencé à écrire des programmes pour d’autres informaticiens, on m’a dit que mon travail consisterait à répondre à ce que les gens me demanderait. Depuis ce temps, ce point de vue me fait souvent soupçonner de calcul ou de naïveté prononcée celui qui l’énonce, car dans la réalité ce qu’il faut faire est résoudre le problème qui fait que les gens viennent vous voir.

Entre les deux, généralement la possibilité d’apprendre des choses intéressante ou d’en faire apprendre à d’autres, et surtout de devoir construire et manier des abstractions pour parvenir à cerner et résoudre tout leur problème et seulement leur problème.

Parfois aussi des affrontements pied à pied contre quelqu’un qui insiste pour que vous l’aidiez de la manière dont il l’a choisie, des échanges de mails pour soutirer des informations à ceux qui estiment qu’ils n’ont pas de temps à consacrer à vous aider à résoudre leur problème et des complications avec ceux qui de différentes manières essaient de vous manipuler.

Quand ça va mal, on en arrive à devoir remplacer “résoudre le problème qui fait que les gens viennent vous voir” par “résoudre le problème qui fait que les gens viennent vous voir et les convaincre que c’est le cas”; arrivé là, et même si dans le principe j’y suis opposé, la fuite et les arguments d’autorité sont parfois bien tentant.

Décrochage

mai 8, 2007

Il y a certains livres que je ne devrais pas ouvrir en allant travailler et les réserver aux retours. Certains matins, passer en quelques minutes de l’envahissement d’un texte à l’hypocrisie nécessaire au travail me demande suffisamment d’efforts pour que j’envisage de devoir emporter un livre supplémentaire que je ne lirai que le matin, choisi de telle sorte que cette transition soit moins douloureuse.